Johanna est une amie, avec qui je partage beaucoup et en particulier, mon amour de la Haute-Loire où elle vécut plusieurs années. Pas besoin de mots pour se remémorer la beauté des paysages de Haute-Loire ou d'Ardèche, la douceur d'une randonnée en forêt, la saveur des mets, la chaleur des amitiés tissées là-bas.... nous partageons beaucoup et cela m'est précieux. Elle s'est installée ici comme designer textile,  je vous invite à découvrir ses créations sur le site suivant : Johanna Bramble Créations et un article paru dans le Quotidien qui évoque son travail... de "métisseuse".

Johanna Bramble présente la splendeur du textile

johannaL’exposition de Johanna Bramble dans la dernière édition de Regard sur cours à Gorée fut une belle découverte. Elle présente l’art du textille dans toute sa splendeur. Le weekend dernier, Gorée a ac­cueilli la huitième édition de Regard sur cours. Une occasion pour les artistes de faire découvrir outils en mains, tous les secrets du métier de l‘art textile. De précieux travaux d’artistes qui ont été présentés lors des expositions sur les cours et jardins de Gorée, ont dévoilé une facette originale de la création textile appliquée à l’art de la broderie. Johanna Bramble, créatrice en art textile a fait de l’industrie textile une véritable vitrine culturelle. Son exposition est l’expression d’un artisanat traditionnel en véritable mutation. «Comme la peinture et la sculpture, les créations textiles peuvent aussi s’exprimer autour de l’art, de manière parfois inattendue, en utilisant directement fil, laine ou tissus en coton, ou en adaptant, parfois, leurs techniques dans un travail manuel», explique Johanna Bramble.

Véritables traits d’union entre tradition africaine et art contemporain, les œuvres conçues par l’artiste révèlent l’alchimie singulière s’opérant entre deux mondes. Celui de la tradition paysanne, riche d’un sa­voir-faire séculaire, et l’univers créatif d’une jeune artiste urbaine. Dans cette exposition, couleurs et textiles donnent à réfléchir autant qu’à voir. «C’est le fruit d’une rencontre, d’une histoire de femmes. Chaque point, chaque pièce de tissu laisse deviner l’espoir d’un avenir meilleur. C’est l’expression artistique», indique Mme Bramble, par ailleurs, styliste. Morceau par morceau, elle compose l’objet de son indépendance propre et délivrance. Telles des mains invisibles guidées par le génie de l’artiste, elle crée un monde de formes et de couleurs où le spectre de son isolement n’est jamais bien loin. «Tout est fait à la main. C’est une forme d’expression de l’artiste, à travers la création textile appliquée à l’art», fait-elle savoir.

Certes, le travail du textile reste méconnu du grand public, souffre de nombreux préjugés et reste lié à l’idée de loisir, d’occupation ménagère réservée aux femmes, ou au mieux aux arts décoratifs. Mais en voyant le travail de cette artiste, l’on se rend compte qu’il s’agit d’un tout, un savoir qu’il faudrait revaloriser dans une dynamique de l’inscrire au rang de talent artistique. D’ailleurs pour Johanna Bramble, les valeurs de l’art en général sont en changement perpétuel. «De plus en plus d’artistes hommes et femmes choisissent le textile et ses techniques comme moyen d’expression privilégié», fait-elle constater. L’usage du textile est donc de plus en plus courant dans l’art contemporain, com­me le fait remarquer l’artiste. Pour elle, de nombreux artistes choisissent de s’exprimer avec un matériel brut ou sophistiqué, doux ou résistant, opaque ou transparent. «Le textile et ses techniques ouvrent une infinité de possibilités qui n’ont de limites que l’imaginaire du créateur. Avec leur savoir-faire, les artistes s’­expriment avec liberté», affirme Johanna. Et, Marie Cartitr, membre du comité d’organisation de Regard sur cours de faire savoir : «Regard sur cours invite à découvrir cette di­mension méconnue de l’industrie textile.»

Bien que les techniques liées au textile figurent parmi les plus an­ciennes de l’histoire de l’Humanité, elles sont aujourd’hui encore à la pointe de l’innovation. «Désormais grâce à des textiles intelligents, les tissus ne se limitent plus à la mode et à l’habillement, mais servent aussi à soigner ceux qui les portent», a soutenu Johanna Bramble. Elle connaît le textile et son art.

Source : cbdiagne@lequotidien.sn